Étude de cas

Comment un seul correctif dans Odoo permet d’économiser 12 minutes par jour

Jonas Höttler27. janvier 20265 min
En bref

Odoo Community n’insère pas le contact enregistré comme destinataire lorsqu’on clique sur Envoyer un e‑mail depuis un lead CRM ; il faut le rechercher et le sélectionner manuellement à chaque fois. Cela prend environ 15 secondes par e‑mail. Pour environ 50 e‑mails par jour, cela représente douze minutes, et environ 50 heures par personne et par an. Le problème n’est pas résolu par un passage à Odoo Enterprise, mais par un petit module qui, à l’ouverture depuis un lead, étend le composeur d’e‑mail pour effectuer précisément cette affectation.

Un tiroir de fiches en bois rempli de cartes, dont une seule dépasse
Inhaltsverzeichnis

Odoo Community n’insère pas le contact enregistré comme destinataire lors de l’envoi d’un e‑mail depuis un lead. Chercher, taper, sélectionner : environ 15 secondes par mail. Cela ne paraît rien, jusqu’à ce qu’on multiplie par le nombre de mails qu’une équipe commerciale envoie chaque jour depuis le CRM. Le calcul est plus bas ; il est fait de façon théorique, pas relevé chez un client, et vous n’avez besoin que d’un seul chiffre pour le vôtre.

Cet article montre pourquoi le standard Odoo pénalise ici les équipes commerciales, à quoi ressemble le correctif et quand une intervention ciblée est une meilleure réponse qu’un changement de système.

Le problème : un champ destinataire vide

Si vous utilisez Odoo Community Edition comme CRM, vous connaissez peut‑être la situation : on ouvre un lead, on clique sur « Envoyer un e‑mail » — et le composeur de mail s’ouvre avec un champ destinataire vide.

Le contact est bien lié au lead. L’adresse e‑mail est présente. Mais le composeur ne la reprend pas.

Ce qui suit est toujours le même enchaînement :

  1. Taper le nom du contact dans le champ destinataire
  2. Sélectionner le bon contact dans la liste déroulante
  3. Ce n’est qu’ensuite qu’on rédige l’e‑mail

Cela prend peut‑être 15 secondes par e‑mail. Cela semble peu.

Le calcul que personne ne fait

Mais calculons : à environ 50 e‑mails par jour depuis le CRM, cela représente 12 minutes de perte de temps par jour — rien que pour saisir manuellement un destinataire qui est déjà présent.

Sur le mois, cela fait plus de 4 heures. Sur l’année : environ 50 heures par employé.

50 heures par an. Pour une tâche que le système devrait faire automatiquement.

Et ce n’est que la partie mesurable. Le vrai dommage est plus subtil : chaque clic supplémentaire est une occasion de distraction, de perte du fil ou d’abandon de l’e‑mail. En vente, la rapidité compte — et chaque obstacle inutile coûte des conclusions.

La solution évidente — et pourquoi elle est mauvaise

La réponse évidente : acheter Odoo Enterprise. Là, le composeur de mail fonctionne mieux, il y a plus de fonctionnalités et un meilleur support.

Mais Odoo Enterprise est licencié par utilisateur et par mois. Pour une équipe de 10 personnes, cela fait vite plusieurs centaines d’euros par mois — pour une fonctionnalité qui, au fond, manque d’une seule ligne de code.

Ce n’est pas un argument contre Odoo Enterprise : il y a de bonnes raisons de migrer. Mais si le seul problème est un champ destinataire vide, changer de licence, c’est tirer au canon sur des moineaux.

Notre solution : un fichier Python

Nous avons analysé le problème et constaté : le composeur de mail d’Odoo Community ne tient tout simplement pas compte du contact lié quand on l’ouvre depuis un lead CRM. Ce n’est pas un bug au sens classique — il manque juste la logique.

La solution est un module Odoo minimal qui fait exactement une chose : quand le composeur de mail s’ouvre depuis un lead CRM, le contact du lead est automatiquement renseigné comme destinataire.

C’est tout. Aucun nouveau menu, aucun champ de base de données, aucune configuration. Un seul fichier Python qui étend le comportement du composeur de mail pour les leads CRM. Tout le reste reste inchangé.

Avant

On clique sur « Envoyer un e‑mail », le composeur s’ouvre — champ destinataire vide. On tape le nom du contact, on attend la liste déroulante, on clique sur la bonne entrée. Ce n’est qu’après qu’on peut rédiger.

Après

On clique sur « Envoyer un e‑mail », le composeur s’ouvre — le destinataire est déjà présent. On commence à écrire tout de suite.

Pourquoi nous le racontons

Pas parce que c’est techniquement impressionnant — c’est l’inverse. Nous le racontons parce que c’est un modèle que nous voyons souvent :

Un petit problème concret devient le prétexte à une grande décision coûteuse.

  • « Le composeur de mail est pénible » devient « Nous avons besoin d’Odoo Enterprise »
  • « Le tableau est confus » devient « Nous avons besoin d’un nouvel ERP »
  • « Le reporting manque » devient « Nous avons besoin d’une plateforme BI »

Parfois c’est vrai. Parfois la grande solution est la bonne. Mais souvent il suffit de demander : Quel est exactement le problème — et quelle est la plus petite solution qui le résout ?

Quand un correctif suffit — et quand il faut changer de logiciel

Un correctif ciblé suffit si :

  • Le problème est clairement délimité — une fonctionnalité manque, un processus coince
  • Le logiciel existant convient globalement et est accepté par l’équipe
  • Le correctif reste maintenable et n’est pas une solution fragile spéciale
  • Le coût du correctif est nettement inférieur au coût d’un changement de système

Changer de logiciel est pertinent si :

  • Plusieurs exigences fondamentales ne sont pas couvertes
  • Le système existant n’est plus développé
  • L’architecture ne convient pas structurellement — p. ex. pas d’API, pas de multi‑tenance
  • Le coût des contournements dépasse les coûts de licence

Conclusion

Cet exemple est volontairement petit. Il ne s’agit pas d’une révolution, mais d’une attitude : avant de chercher un nouveau logiciel, il vaut la peine d’examiner précisément ce que vous avez déjà.

Nous utilisons ce correctif tous les jours. Il nous fait gagner du temps et évite des irritations. Et il ne nous a coûté que quelques heures d’analyse et de développement.

Le module est par ailleurs gratuit et Open Source sur l’Odoo App Store — parce que nous estimons qu’un correctif de workflow aussi fondamental devrait être disponible à tout utilisateur d’Odoo Community.

Vous avez un problème similaire dans votre système ? Souvent une conversation suffit à déterminer si un correctif ciblé est possible — avant d’envisager des alternatives coûteuses.

Si vous voulez savoir combien coûte votre processus : mesurez-le.

Commencez par le diagnostic gratuit ou téléchargez FlowVisual. Si vous souhaitez ensuite parler à quelqu'un, nous sommes joignables.